l\'esprit critique

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Utopia - Saison 1

 

 

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne regarde que très peu de séries anglaises. Et c'est assez étrange, dans le sens où mon premier amour, mon premier véritable coup de foudre s'exprimait dans un anglais soooo british (Skins). Aujourd'hui, Downton Abbey, Sherlock et Black Mirror s'imposent comme des rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte (sous peine d'être fouetté à coup de sachets de thé brulants), et je les suis d'ailleurs avec un immense plaisir. Mais alors pourquoi suis-je aussi frileux à me lancer dans de nouvelles fictions britanniques (alors qu'à l'inverse je me montre plus aventureux lorsqu'il s'agit d'une production américaine) ? C'est, quoi qu'il en soit, un mal, une faute et même un péché que je dois corriger au plus vite. 


Et ça commence avec Utopia.

 

 


Pitch : L'histoire prend place dans les années 2010 au Royaume Uni. Cinq fans d'un roman graphique nommé The Utopia Experiments se retrouvent en possession d'un manuscrit original de cette œuvre. Malheureusement pour eux ils ne sont pas les seuls à vouloir être en possession du manuscrit et se retrouvent poursuivis par une mystérieuse organisation meurtrière, The Network.

(source : Wikipédia)


 

 


Après la géniale anthologie Black Mirror, les britanniques nous offrent une autre série forte, marquante, et qui donne à réfléchir au spectateur. Ce genre d'oeuvre qui va au-delà du simple divertissement en pointant certains maux de notre société (sans pour autant proposer de véritables solutions). Le récit, en se déroulant, brasse de nombreux thèmes inattendus et très rapidement, l'histoire se révèle plus complexe que le pitch de départ, finalement assez classique (on s'approche alors de l'anticipation). Après une introduction légèrement (mais intentionnellement ?) confuse, les intrigues s'ordonnent pour mieux se rejoindre. Les retournements de situation s'enchainent de manière fluide, sans jamais provoquer chez le spectateur une sensation de lassitude. Bien au contraire, puisque très rapidement, la série se révèle être extrêmement addictive.

 


La mise en scène fascine également en ne se contentant pas de simplement mettre en image un scénario ingénieux. Elle le sublime. La photographie, extrêmement léchée, permet à la série de développer une esthétique qui lui est propre ; les couleurs vives font alors écho au graphic novel qui est au centre du récit. Mais dans cet univers visuellement édulcoré, voir naïf, où des femmes se promènent en jogging rose Barbie (comment ça y'en a une juste sous ma fenêtre ?), évoluent des personnages extrêmement noirs, torturés, égoïstes. Nul ne doit se fier aux apparences. Rien n'est épargné au spectateur (l'ultra-violence des premiers épisodes pourrait largement décourager certains). Le vernis délicat s'effrite et laisse transparaitre un monde où l'individualisme est de mise. Mais même lorsque les situations ne semblent pas s'y prêter, lorsque l'atmosphère apparait comme terriblement sordide, un certain humour, noir, soooo british, se manifeste.

La bande-son, composée spécialement pour l'occasion est impeccable et insuffle encore d'avantage de bizarrerie à l'ensemble. Elle se montre omniprésente, mais pas assomante pour autant ; les sonorités, plutôt singulières, viennent alors souligner l'absurde de certaines situations. 


 


Utopia est donc une oeuvre atypique, qu'il ne faut absolument pas manquer. Les six épisodes qui composent cette première saison sont tous admirablement bien construits scénaristiquement, et aboutis visuellement. 


 

 





18/05/2013
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