l\'esprit critique

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Skins - 7.01

 

      Dire que j'ai attendu cette ultime saison de Skins, serait un euphémisme. J'ai écrit très peu d'articles, mais j'ai déjà, à plusieurs reprises, mentionné l'amour imperfectible que je portais à la création de Bryan Elsley et Jamie Brittain, père et fils. C'est dire l'importance de cette oeuvre dans ma passion. Skins n'est pourtant pas ce que l'on qualifie de chef d'oeuvre habituellement. Il s'agit d'une série très inégale, oscillant avec incertitude entre lyrisme envoutant et sordides banalités. Imparfaite, approximative, Skins l'est totalement. Mais si je devais désigner le qualificatif le plus juste, ce serait « attachant ». En effet, malgré ses défauts, parfois considérables, j'ai toujours eu un profond attachement pour cette série et ses très nombreux personnages. 

       J'estime grandement cette série parce qu'elle m'a fait pénétrer dans un monde dans lequel je me sens chaque jour un peu mieux : celui des séries. Elle restera, à ce titre, une grande source de nostalgie pour moi - les premiers amours ça ne s'oublie pas. Les épisodes des quatre premières saisons apparaissaient d'ores et déjà, à mes yeux, comme de délicieuses madeleines de Proust (les deux dernières saisons étant bien en deçà des autres, mais j'en parlerai plus loin ...) que je déguste allègrement lorsque me vient l'envie de me replonger quelques années dans le passé. 

      Ainsi, lorsque j'ai appris que cette dernière saison se concentrerait sur d'anciens personnages, mon coeur a vivement frissonné. J'allais retrouver ces têtes connus pour qui, à de multiples reprises, je m'étais emporté. J'allais retrouver des amis. 



      Mais à l'issue de ce premier épisode, je n'ai aucunement le sentiment d'avoir revu d'anciens amis. Je n'ai même pas l'impression d'avoir assisté à un épisode de Skins. Effy Stonem, l'adolescente secrète et envoutante, travaille désormais dans une importante société londonienne. Aucune explication n'est (pour l'instant, j'espère) donné au spectateur qui demeure dans le flou total, ignorant ce qui a conduit le personnage ici (après la fin tragique de la quatrième saison). On voit alors le personnage se mouvoir dans la City. J'avoue avoir eu beaucoup de mal avec les plans aériens de ce quartier d'affaire car Skins c'était avant tout une ambiance intimiste. J'ai de plus trouvé les intrigues très peu intéressantes, et rien n'était, à mon avis, dans l'esprit de la série. Les personnages ayant grandi, les scénaristes ont voulu fournir des histoires plus adultes. Le changement est alors radical : ce n'est plus la même série.
Je m'attendais également à réentendre les célèbres notes du générique (réorchestrées chaque saison), mais celles-ci ont été remplacées par un simple crépitement ...



      J'aurai préféré que les personnages se croisent, se bousculent, s'entrechoquent, mais il semble que les scénaristes aient choisi une autre option, beaucoup moins intéressante, à mon sens. Un premier épisode présentant l'ellipse narrative et les nouvelles situations des personnages était nécessaire. C'est certain. Mais il aurait été tellement plus enthousiasmant de voir les personnages se rencontrer au cours de cette ultime saison. Skins, c'était une série narrant les aventures d'amis. Les personnages individuellement étaient bien évidemment intéressants. Mais c'est ensemble, en formant une unité (parfois instable), qu'ils explosaient sous nos yeux. La série reposait sur une dynamique de groupe. 

      Et c'est d'ailleurs ce qui avait manqué à la troisième génération, un groupe crédible, une réelle cohésion ; certains personnages avaient un potentiel énorme (Franky, Grace) mais qui est resté jusqu'au bout inexploité car ils ne pouvaient pas se dévoiler dans un groupe morcelé, voire chimérique. Ainsi ils sont restés des silhouettes isolées, des ombres, certes mystérieuses et énigmatiques, mais beaucoup trop troubles et confuses pour véritablement nous séduire et nous captiver.  

      Les deux premières générations nous ont davantage marqué parce que l'amitié était palpable ; des personnages pouvaient être sous-employés (Anwar, Maxxie, Panda, ...), car à côté de cela une véritable énergie soutenait intensément le clan. 



       Les scénaristes de cette ultime saison avaient d'excellentes fondations pour bâtir une dernière histoire passionnante : trois personnages chéris par les fans de la série, à savoir Cassie (1ère génération), Effy et Cook (2ème génération). Trois personnages ayant eu un très bon traitement de la part des auteurs dans le passé, et qui ont su s'imposer comme des figures importantes du show. Mais cela suffit-il ? Ils étaient et demeurent des (anti-)héros extrêmement fascinants et pourtant la question suivante vient se poser : méritaient-ils pour autant de vivre de nouvelles (més)aventures, séparés du groupe, isolés ? 

      Je serai tenté de répondre par la négative, à la fin de ce premier épisode décevant (seulement illuminé par la présence de la sublime et envoutante Kaya Scodelario). Pourtant, parce que j'aime véritablement cette série, je vais garder confiance et espérer que la suite sera plus percutante, plus fascinante. Et surtout, qu'elle saura se montrer pertinente pour justifier l'existence-même de cette ultime saison.

 



06/07/2013
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